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A PROPOS DE L'AUTEUR
akam
Fondateur de ArtSkills, de AmkaShop, de Myvynil et du studio multimédia (The) Refractions. Il a été rédacteur pour le magazine Advanced Creation et Webdesign magazine. Passionné d'art numérique et de technologie, son leitmotiv ? partager les meilleurs liens, informations et plus mais toujours liées à la création numérique.
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DERNIER INTERVIEW
ARTICLE AU HASARD
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Interview : “SOPHIE GRIOTTO”
Samedi 2 janvier 2010 - par akam

Voici ci dessous l’interview de Sophie Griotto qui a été publiée dans le magazine Advanced Creation numéro 16.

C’est avec grand plaisir que ce nouveau numéro de Advanced creation vous présente une artiste française passionnée de dessins et d’illustrations qui ne sort jamais sans sa tablette Wacom. La féminité tient une place essentielle dans le travail de cette créatrice. A l’affût des moindres silhouettes ou attitudes qui nous caractérisent, elle retranscrit ce qu’elle voit partout avec talent et toujours signé d’un coup de patte immédiatement identifiable.

THOMAS GAYET > Parle nous un peu de toi et de ton parcours, universitaire ou autodidacte ?
Sophie Griotto > Je suis illustratrice et roughman publicitaire. J’ai 33 ans je suis née à Alès dans le gard. C’est d’abord en suivant les ateliers d’arts plastiques dès l’âge de 5 ans que j’ai développé le travail de la matière et de la couleur.
Après un bac « arts plastiques », je poursuis mes études dans les arts appliqués à Nîmes puis Toulouse où j’obtiens mon BTS de communication visuelle.
C’est par la suite que je me suis informatisée. J’utilise les logiciels de manière autodidacte, j’avoue que c’est un peu du « bidouillage».

TG > Pour quelles raisons as tu décidé de te lancer dans la création et à quel moment ?
SG > J’ai eu la chance d’avoir toujours su ce que je voulais faire, mais je n’étais pas spécialement inspirée par le luxe et la pub. En revanche «la femme» s’est imposée très vite comme sujet favoris.
Stagiaire chez Publicis Conseil à Paris, c’est dans ce cadre que je m’exerce au rough et au story-board. Il m’a fallu travailler la rapidité et l’efficacité du trait et pour ne rien vous cacher ; la gestion du stress !
Et puis dans cette agence j’ai pu contempler la « publicitaire parisienne » encore plus inspirante que la parisienne !!! Tailleur couture, roulant en « Coccinelle New Beattle » couleur vert-pomme. Le déclic s’est fait à ce moment là. Mon regard de non-parisienne m’a permis d’observer avec recul ce monde là.

TG > Si tu n’avais pas travaillé dans le milieu de la création, qu’est ce que tu aurais aimé faire ?
SG > Je me serais certainement dirigé vers une autre voie artistique, le théâtre ou la musique. J’aurais pu aussi me diriger vers l’impression textile car la création de tissus m’inspire beaucoup. Je suis née dans une famille d’artistes, je ne pense pas que j’aurais envisagé un métier sans création.

TG > Tu bosses dans une agence ? En free ? Dans un collectif ? Pourquoi ?
SG > Je travaille en free-lance, dans mon atelier. J’ai un agent artistique ; Caroline Maréchal, qui fait le lien depuis mon départ. Car après 10 ans de vie parisienne, je me suis installée dans le sud de la France.

TG > Quels sont tes projets pour les mois qui arrivent ?
SG > Actuellement, je suis en congé maternité. Je profite au maximum de mon bébé et de mon plus grand, mais aussi, je l’avoue, d’un certain recul que cette pause me permet d’avoir et qui, j’espère, va me permettre de me renouveler.
Pour ma rentrée il y aura peut-être une suite pour la campagne Swatch. Les toiles digigraphiques de mes illustrations sont exposées à partir de ce mois-ci au BHV après un passage aux Galeries Lafayettes.
J’ai aussi l’opportunité d’illustrer des livres pour enfants, c’est tout nouveau pour moi mais cela faisait longtemps que j’y pensais.

TG > Quel regard portes tu sur ton travail et sur la création au sens large ?
SG > C’est difficile de parler de son travail, je n’ai pas de recul. Je ne suis pas une artiste engagée, je dessine souvent des instants de vie plutôt heureux. Je pense que l’artiste doit savoir se renouveler rapidement tout en gardant son écriture. Le web est aujourd’hui si riche en image que le regard de l’internaute est de plus en plus initié et critique sur le design, la décoration, le stylisme, l’art. Aujourd’hui, n’importe quelle personne peut découvrir un artiste Australien ou Japonais. Les artistes ont une vision globale de ce qu’il se fait de mieux dans le monde et bénéficient d’un retour direct sur leur propre travail grâce aux forums et aux blogs.

TG > A quoi ressemble une journée de «SOPHIE» ?
SG > J’ai mon atelier chez moi, dans le sud de la France, et je remonte sur Paris régulièrement pour des briefs. Je démarre la journée comme beaucoup de personnes en répondant à mes mails devant un café. Avant de commencer une création je prépare un board de tendances, j’y punaise tous les échantillons de tissus, photos d’ambiance, couleurs découpées dans les journaux, des croquis d’intentions. Bref toutes choses qui puissent m’inspirer. Je surfe pour trouver les tendances du moment, j’écoute beaucoup la radio et la musique. Je reçois des briefs par téléphone ou par webcam. Je crayonne, et crée mes tissus à l’encre sur papier. Je scanne et je reprends le tout sur tablette graphique.

TG > Quels artistes t’inspirent le plus ? ou à défaut ou puisses tu ton inspiration pour réaliser de nouvelle créations ?
SG > Beaucoup d’illustrateurs, comme Izak, Tadahiro Uesugi, Yoshitomo Nara, mais aussi Matisse, Miro et les peintres Nabis.et puis Gruau mais il y en a d’autres. Dans la vie de tous les jours ; j’observe, je relève souvent l’attitude ou la démarche d’une personne, mais aussi son expression de visage…le sourcil relevé, le placement des épaules, le poigné cassé sont autant de détails qui accentuent une personnalité…
Les photos, les magazines, la mode, la déco, le web, sont, non seulement, de la documentation mais aussi une réelle source d’inspiration.

TG > “La vie sans création”, cela voudrait dire quoi pour toi ?
SG > Je n’ai jamais imaginé la vie sans création. Mais cela signifierait être libérée d’une certaine anxiété. Et si je ne recherchais pas perpétuellement le « nouveau » j’aurais certainement plus de temps pour les miens.

TG > Quels “conseils” donnerais tu à des artistes qui démarrent ou qui voudrait suivre cette voie ?
SG > De réaliser en projet personnel sa commande idéale, qui donnera le ton pour la suite des évènements. De prospecter avec de belles impressions papier (cela parait anodin mais c’est devenu tellement rare que les futurs clients apprécient). Savoir s’adapter à la demande du client tout en restant en accord avec soi-même et proposer toujours une version plus personnelle et plus risquée au client. Enfin, préparer une planche de tendances avant chaque projet permet d’éclaircir les idées.

TG > As tu une anecdote à nous racontez sur un de tes travaux ?
SG > J’ai débuté mon métier en dessinant avec des outils traditionnels (crayons et encres) directement, en « live », dans les agences de pub. Il m’est arrivé de passer une partie de la nuit dans une agence, le directeur artistique, terriblement pointilleux, me demandais de recommencer mes images de story-board (pour un shampoing qui le valait bien) pour des détails d’une mèche de cheveux a déplacer de 2 mm à gauche. Le lendemain j’y retournais, pour redessiner entièrement le board. Cette fois-ci le client avait tardivement décidé que la fille devait être blonde. La réunion n’avait pas été décalé. Le D.A scannait les images au fur et à mesure après les avoir au préalablement séché au sèche cheveux. Aujourd’hui, évidemment je gagne beaucoup de temps avec Photoshop, Painter, ma palette graphique et bien sûr avec internet. Le métier a changé et mes nuits aussi.pour moi, cela a été très formateur. Il m’arrive encore de travailler « sur place », en agence, mais je ne me déplace plus sans ma Wacom.

TG > Pour parler un peu d’actualité, quel est ton avis sur la crise économique ?
SG > Je reste confiante, je pense que l’illustrateur possède un atout. Payer un photographe, un mannequin, une styliste, un maquilleur et louer un studio, est fortement onéreux pour une publicité. La force de l’illustrateur, ou du graphiste, est justement de regrouper tous ces métiers en un seul pour créer une image.
Aujourd’hui, les supports ont changé. On dispose, désormais, de vrais commandes d’illustrations pour des sites internet. Les clients contactent de moins en moins les agences de communications et s’adressent directement à l’agent ou à l’illustrateur.

TG > Un dernier mot que tu voudrais partager ?
SG > J’ai l’impression dans cette interview d’avoir fait l’apologie d’internet mais c’est vrai qu’il y a eu un avant et un après, depuis 5 ans je dirais. Je ne lâche pas pour autant mon crayon, ma peinture et mes encres. Je garderai toujours un lien particulier et irremplaçable avec ces outils. Cela me permet aujourd’hui de me ressourcer et de me renouveler

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Commentaire : * :

[...] Interview : “SOPHIE GRIOTTO” [...]

ALICE Artificial Intelligence and Nicole | AboutAI.info a écrit le 29 janvier 2010

Monstrueux ! ça envoie du lourd dis donc !
J’adore le style ^^

ekion a écrit le 17 mars 2010

It´s a great desing!!! I love

Vanessa Sandoval a écrit le 10 septembre 2010

j’envie illustrer comme sophie, je suis colombienne, mais quand j’ai vecu á Paris, j’aurais aimé l’avoir connaitre et apprendre d’elle…

nicolbleuarte a écrit le 22 octobre 2011